Quel est le lien entre tout ça ?
Publié le 10/09/20.
Dans mon premier article sur la réaction de Maillard (glycation), je vous ai expliqué ce qu’est la réaction de Maillard, quel sont les composés formés pendant cette réaction (MRPs et AGEs), et quels sont les impacts (négatifs) de la glycation dans le corps sur votre santé.
Rappel :
- l’acronyme « MRPs » désigne tous les composés formés via la réaction de Maillard (produits intermédiaires et finaux) ;
- l’acronyme « AGEs » désigne quant à lui uniquement les produits finaux de la réaction. Ceux-ci se retrouvent dans les aliments (AGEs exogènes) et dans les tissus humains (AGEs endogènes). Leur présence dans les tissus humains a été très étudiée (cf premier article)).
Dans cet article, nous allons maintenant voir quelles sont les principales sources d’AGEs (et de certains MRPs) dans l’alimentation, puis quelles sont les conséquences sur notre santé d’une alimentation riche en MRPs.
NB : Si vous voulez sauter directement aux conseils pratiques pour limiter l’accumulation d’AGEs dans le corps, rendez-vous sur mon 3ème article sur la glycation.
1 – Quelles sont les sources alimentaires de produits de Maillard (= AGEs exogènes) ?
Les AGEs sont retrouvés en excès dans les aliments riches en sucres et protéines, et ce d’autant plus s’ils subissent une étape de cuisson. Les aliments et boissons chauffés à haute température sont les plus concernés [11]. Nous allons cependant regarder ça d’un peu plus près.
La réaction de Maillard est utilisée en agroalimentaire pour donner une belle couleur dorée/marron et pour développer des arômes dans les aliments qui subissent un traitement thermique [6]. Les pigments jaune-marron formés par la réaction de Maillard contribuent en effet aux propriétés organoleptiques des aliments (apparence, texture, goût). La réaction de Maillard est donc recherchée par les industries agro-alimentaires pour améliorer les attributs sensoriels des aliments transformés [11].
Cette réaction est aussi bien connue pour sa capacité à diminuer la valeur nutritionnelle des aliments [6]. Les AGEs altèrent en effet de manière irréversible des protéines et des sucres contenus dans les aliments [15], ce qui les rend inutilisables par l’organisme.
Plusieurs études ont quantifié les taux d’AGEs dans les aliments. Nous allons nous pencher sur les composés qui ont été les plus étudiés par les scientifiques.
1.1) La CML (carboxyméthyl-lysine)
La CML est le premier AGE à être isolé et caractérisé in vivo (dans un organisme vivant). C’est UNE molécule parmi l’ensemble des AGEs. C’est celle qui a été le plus étudiée par les scientifiques, bien qu’elle ne représente pas toute la diversité des AGEs.
Dans l’étude clinique ICARE réalisée en 2010, le groupe alimentaire contribuant le plus à l’exposition au CML chez les humains est le groupe des céréales incluant le pain (27%), les céréales du petit déjeuner (12%) et les biscuits (17%). La viande et le poisson grillés sont aussi deux contributeurs importants (16%), suivis par les produits laitiers (14%) où les gratins y contribuent le plus (10%).
Attention : le lait ingéré au petit déjeuner n’a ici pas été pris en compte ; quand une portion de 200 ml de lait UHT est ajoutée, les produits laitiers contribuent à hauteur de 19% !
Dans cette étude, les légumes ne contribuent que très peu à l’apport alimentaire en CML (1%), peu importe le type de cuisson et malgré des portions appropriées dans la ration alimentaire.
Remarque : la contribution des boissons telles que café et chicorée n’a pas été inclue dans l’étude [1]. Or, on sait aujourd’hui que le café et les succédanés de café à base de chicorée sont une source significative de MRPs (et notamment d’acrylamide ; j’en dit plus sur ce composé un peu plus loin).
Figure 1 : sources de CML (carboxyméthyl-lysine) dans l’études ICARE sur des sujets sains [1]
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